MODULE 1 - VOTRE (NOUVELLE) BOITE À OUTILS
MODULE 2 - LES ESSENTIELS EN EXTÉRIEUR (EN LAISSE)
MODULE 3 - LES ESSENTIELS EN EXTÉRIEUR (EN LIBERTÉ/EN LONGE)

Pourquoi le chien ne revient pas ?

Un chien peut ne pas revenir pour de nombreuses raisons.

Il peut ne pas pouvoir répondre : environnement trop difficile, niveau d’activation trop élevé, compétence insuffisamment généralisée, distraction dépassant largement ce qui a été travaillé.
Il peut également ne plus vouloir répondre, parce que l’histoire associée au signal a changé.

Il faut alors examiner au moins trois grandes hypothèses : entraînement insuffisant, non-pertinence acquise et signal empoisonné.

La non-pertinence acquise

Imaginez que quelqu’un prononce régulièrement le mot « banane » derrière vous.

Banane.
Banane.
Banane.
Banane.

Et rien ne se passe.

Au bout d’un moment, ce bruit cesse d’avoir beaucoup d’intérêt. Un phénomène comparable peut apparaître avec certains signaux. Si l’humain répète constamment :

« Rex ! Rex ! Viens ! Rex ! Allez ! Viens ! »

alors que le chien poursuit tranquillement son activité et qu’aucune conséquence particulière n’est associée au signal, celui-ci peut progressivement perdre sa pertinence.

Le chien est toujours en train d’apprendre. Simplement, il apprend que ce signal peut être ignoré. C’est pourquoi répéter frénétiquement un rappel qui ne fonctionne pas est rarement une bonne stratégie.

Le signal n’est pas une télécommande dont le bouton fonctionnera davantage parce qu’on appuie dessus dix-sept fois.

Quand le chien n’est pas en mesure de répondre, mieux vaut souvent gérer la situation autrement que transformer le signal en bruit de fond.

Le signal empoisonné

Un signal empoisonné est différent d’un signal devenu non pertinent. Ici, le chien a appris que le signal annonce régulièrement quelque chose de désagréable ou la perte de quelque chose de particulièrement important.

Imaginez : Le chien joue -> « Viens ! » -> On rattache et on rentre.

Le chien explore. -> « Viens ! » -> On rattache.

Le chien rencontre un copain – > « Viens ! » -> Fin de l’interaction.

Petit à petit, le rappel peut devenir l’annonce officielle de la fermeture du parc d’attractions.
Cela ne signifie pas qu’il ne faut jamais rattacher après un rappel. Cela signifie qu’il faut construire une histoire beaucoup plus riche autour du signal.

On peut rappeler, renforcer et relâcher. Rappeler pour proposer une autre activité agréable. Rappeler, rattacher quelques secondes puis redonner accès à l’environnement lorsque c’est possible. Et surtout travailler spécifiquement le contact au collier ou au harnais pour qu’il ne soit pas systématiquement prédicteur d’une perte.

Le rappel doit être rentable beaucoup plus souvent qu’il n’est décevant.

R+ et R- : les deux peuvent avoir leur place

Le renforcement positif doit vous permettre de donner au chien une bonne raison de répondre au rappel. Nourriture, jeu, interaction, accès à l’environnement, cherchez ce qui a réellement de la valeur pour lui. Plus revenir est rentable, plus vous augmentez vos chances de voir ce comportement se reproduire.

Mais vous n’aurez pas toujours un levier suffisamment puissant en R+. Face à certaines motivations, votre nourriture ou votre jouet peuvent tout simplement ne pas faire le poids.

C’est là que le renforcement négatif peut également entrer dans votre réflexion : le chien apprend qu’il peut faire cesser une pression ou une contrainte en produisant la réponse attendue. Il ne s’agit donc plus seulement de lui apprendre « tu as intérêt à répondre parce que quelque chose de chouette t’attend », mais aussi « ce signal a une conséquence et n’est pas optionnel ».

Même lorsque vous disposez d’excellents renforçateurs en R+, l’enjeu est donc de construire un signal clair, cohérent et auquel le chien a appris à répondre, plutôt qu’une proposition qu’il peut systématiquement décliner lorsque l’environnement lui offre mieux.

L’important pour vous, éducateurs, est de savoir ce qui entretient réellement la répons.