Lorsqu’un client demande s’il peut détacher son chien, répondre simplement « ça dépend » est exact, mais pas franchement exploitable. Notre rôle d’éducateur est de transformer ce « ça dépend » en critères de décision concrets.
L’objectif n’est pas de promettre qu’un chien répondra dans 100 % des situations. Avec un être vivant, cette garantie n’existe pas. En revanche, nous pouvons aider le propriétaire à choisir les situations dans lesquelles la liberté est raisonnable, celles dans lesquelles une longe est préférable et celles dans lesquelles la prise de risque n’a tout simplement aucun intérêt.
Un chien n’est pas « détachable » ou « non détachable ». Il peut être détachable dans un contexte donné.
Un chien peut avoir d’excellentes compétences dans un grand champ dégagé et être incapable de se désengager d’une piste en forêt. Il peut être très disponible lorsqu’il n’y a personne et beaucoup moins lorsque trois chiens jouent au loin.
Apprenez donc à vos clients à raisonner en situations :
C’est beaucoup plus utile que : « Normalement, il a du rappel. »
Voici une règle extrêmement simple à transmettre au client :
Si la réponse est non, ne rappelez pas pour tester et si vous avez besoin d’un rappel fiable pour pouvoir assurer la sécurité du chien à cet endroit, ne le détachez pas.
Si vous pensez que le chien n’est probablement pas capable de répondre, gérez la situation avec votre matériel et retravaillez cette difficulté dans un contexte contrôlé.
Avant d’enlever la longe, proposer à votre client d’observer le chien.
Proposez-lui quelques comportements simples dans le contexte actuel :
L’objectif n’est pas de lui faire passer le bac avant chaque promenade. Deux ou trois minutes peuvent déjà fournir énormément d’informations.
Si le chien réalise facilement 5 essais sur 5 dans des situations comparables à celles qu’il va rencontrer une fois libre, vous avez un élément supplémentaire en faveur de la mise en liberté. S’il échoue déjà alors qu’il est encore sécurisé, ce n’est probablement pas le moment d’enlever la sécurité.
Une bonne décision de mise en liberté commence souvent avant même de regarder le chien.
Demandez au propriétaire de faire un rapide scan.
Et surtout : que se passe-t-il si le rappel échoue ? C’est probablement la question la plus pragmatique.
Si la réponse est : « Il court trente mètres dans une prairie vide », le niveau de risque n’est pas le même que : « Il arrive sur une route ».
Plus les conséquences potentielles d’un échec sont importantes, plus la marge de sécurité doit être grande.
Il existe un moment assez classique en promenade = le chien marche tranquillement depuis vingt minutes en longe. Le propriétaire pense : « Il est super calme aujourd’hui, je vais le détacher. »
Attention à ne pas confondre comportement actuel et compétence disponible face à une difficulté. Un chien calme lorsqu’il ne se passe rien ne nous indique pas nécessairement ce qu’il fera lorsqu’un chevreuil surgira.
Essayez plutôt de savoir ce qu’il est capable de faire en présence des distractions pertinentes pour lui. C’est là que l’historique d’entraînement devient beaucoup plus intéressant que l’impression du moment.
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