Les clés d’un bon enseignement

Les principes universels d’un enseignement efficace

Au-delà des différents profils de clients, certains principes pédagogiques permettent d’améliorer l’apprentissage et l’autonomie de tous les propriétaires. L’objectif n’est pas de transmettre davantage d’informations, mais de favoriser la compréhension, la mise en pratique et le changement durable des habitudes.

1. Chercher à poser une question avant de chercher à répondre

Face à une difficulté, la première tentation est souvent de proposer immédiatement une solution. Pourtant, une même problématique peut nécessiter des réponses très différentes selon le chien, le propriétaire et son environnement.

Avant de conseiller, il est essentiel de recueillir suffisamment d’informations pour comprendre la situation dans son ensemble :

  • Que FAIT le chien ?
  • Depuis quand ?
  • Dans quel contexte ?
  • Qu’a déjà essayé le propriétaire ?
  • Quelles sont ses capacités, ses contraintes et ses priorités ?

L’objectif n’est pas de trouver une réponse théoriquement correcte, mais une réponse réellement applicable.

Une solution parfaite sur le papier n’a aucune valeur si le client n’a ni le temps, ni l’énergie, ni les compétences nécessaires pour la mettre en œuvre durablement.
Ne cherchez pas la meilleure solution -> cherchez la solution que ce client sera le plus capable d’appliquer.

2. Diriger activement le coaching

Un accompagnement efficace nécessite un cadre clair. Le professionnel doit guider la séance, définir les priorités et maintenir le cap sur les objectifs fixés.

Lorsque le client s’éloigne du sujet, multiplie les questions secondaires ou souhaite travailler plusieurs problématiques simultanément, il appartient au coach de recentrer le travail.

N’ayez pas peur de driver !

  • “Nous allons commencer par…”
  • “À mon top, vous commencerez à marcher”

3. N’enseignez que ce que le client peut mettre en pratique immédiatement

Le client retient davantage ce qu’il expérimente que ce qu’il entend. Plus une information est éloignée de son contexte d’application, moins elle a de chances d’être comprise, retenue et utilisée.

Aussi, évitez de multiplier les explications théoriques ou de parler de situations qui ne sont pas présentes au moment de la séance.
Par exemple, il est rarement utile de passer plusieurs minutes à expliquer ce que le propriétaire devrait faire en promenade alors qu’il est actuellement en train de travailler la gestion des comportements dans la maison.

Une règle simple consiste à se demander :

“Est-ce que mon client peut appliquer cette information dans les cinq prochaines minutes ?”

Si la réponse est non, il est souvent préférable d’attendre le bon contexte avant d’aborder le sujet.

L’objectif n’est pas de transmettre un maximum de connaissances, mais de provoquer un maximum de changements concrets.

4. Penser en termes d’habitudes plutôt qu’en termes d’exercices

Les difficultés du quotidien se résolvent rarement grâce à un exercice réalisé quelques minutes par semaine, d’autant plus sur des clients néophytes qui ne vont pas vouloir (ou pouvoir) s’entrainer entre les séances.

L’objectif est d’aider le client à modifier sa façon de communiquer avec son chien et à mettre en place des routines cohérentes dans son environnement réel.
C’est pourquoi, au lieu de demander :

“Quel exercice vais-je donner ?”

Il est souvent plus utile de se demander :

“Quelle habitude doit être développée ?”

“Quel comportement du propriétaire doit évoluer ?”

Les changements durables proviennent des répétitions quotidiennes bien plus que des exercices ponctuels.

5. Intervenir le moins possible directement sur le chien

La tentation est souvent grande de prendre la laisse, de montrer l’exercice ou d’obtenir soi-même le comportement recherché. Pourtant, cette approche comporte plusieurs limites.
D’abord, nous n’avons pas la même valeur que le propriétaire aux yeux du chien. Nous représentons une nouveauté, nous avons souvent une excellente lecture comportementale et des compétences de communication développées. Le chien peut donc répondre très facilement avec nous, mais ne pas reproduire le même comportement avec son humain. Lorsque cela se produit, certains clients peuvent remettre en question la méthode ou leurs propres capacités. Les profils davantage orientés vers la performance peuvent douter de la compétence du professionnel, tandis que les profils plus sensibles au relationnel peuvent être affectés par le contraste entre ce que le chien fait avec nous et ce qu’il fait avec eux.

Ensuite, le fait de réaliser nous-mêmes les changements et appliquer telle ou telle technique peut nous faire perdre de vue leur niveau réel de difficulté. Ce qui nous paraît simple est souvent le résultat de centaines ou de milliers d’heures de pratique. En démontrant à la place du propriétaire, nous risquons de proposer des consignes trop complexes ou des attentes irréalistes sans même nous en rendre compte.

Enfin, notre présence peut parfois devenir une difficulté supplémentaire pour certains chiens. Les chiens ayant un faible fitness émotionnel peuvent être fortement stimulés par notre arrivée et vivre chaque séance dans un état d’excitation important. En devenant une source d’activation ou d’anticipation, nous risquons alors d’augmenter leur charge émotionnelle plutôt que de les aider à développer des compétences transférables au quotidien.

La réussite d’une séance ne se mesure pas à ce que le chien fait avec nous, mais à ce que le binôme sera capable de réaliser lorsque nous ne serons plus là.