Lancer le client sur un exercice

La qualité d’un accompagnement ne dépend pas uniquement de la pertinence de la solution proposée, elle dépend aussi de la capacité du client à comprendre, retenir et appliquer cette solution.

Lorsqu’un client n’applique pas une consigne, le problème vient rarement d’un manque de motivation. Dans la majorité des cas, la consigne est trop longue, trop floue, trop technique, contient trop d’informations à la fois (ou la solution proposée n’est pas suffisamment adaptée au binôme).

L’objectif du professionnel n’est donc pas seulement de savoir quoi enseigner, mais également comment le transmettre.

Une bonne consigne est simple

Plus une consigne contient d’étapes, plus elle demande d’efforts cognitifs au client.

Dans un environnement déjà chargé émotionnellement, le propriétaire doit gérer son chien, son matériel, ses émotions et l’environnement. Ajouter des explications complexes ou plusieurs actions simultanées augmente fortement le risque d’erreur.

Une consigne efficace est :

  • simple 
  • courte 
  • actionnable 
  • observable

Si quatre personnes comprennent une action différente à partir de votre explication, alors votre consigne manque probablement de précision.
Petit tips : imaginez-vous toujours enseigner à plus de 10 personnes dans une pièce -> elles doivent produire exactement le même comportement

Présenter la solution avant la technique

Avant d’expliquer comment faire, expliquez pourquoi vous allez le faire.

Une consigne est généralement mieux comprise lorsqu’elle suit une progression logique :

  1. Décrire le problème actuel (partez de ce qu’ils vivent, cela créer de l’empathie – importante pour les cerveaux droits -de l’adhésion – essentielle pour les cerveaux gauches -)
  2. Présenter le jeu ou la technique qui va le résoudre.
  3. Présentation de la technique avec si possible une analogie

  4.  Ce que le client et/ou le chien gagne·nt

Le client doit comprendre le lien entre son problème et la solution proposée avant d’apprendre les détails techniques.

Éviter de coacher pendant l’action

Une erreur fréquente consiste à commenter en permanence ce que fait le client pendant l’exercice.

En voulant aider, le professionnel crée souvent l’effet inverse :

  • surcharge d’informations 
  • perte de timing 
  • confusion 
  • dépendance au coach

Pendant qu’il écoute le professionnel, l’humain n’observe plus son chien et n’apprend plus à prendre ses propres décisions.

Une fois la consigne donnée, il est souvent préférable de laisser le binôme expérimenter avant de faire un retour.

Guider uniquement lorsque c’est nécessaire : le guidage ponctuel

Certaines situations nécessitent malgré tout une intervention directe, notamment lorsqu’un timing précis ou une action particulière sont essentiels à la réussite de l’exercice.

Dans ce cas, le guidage doit rester ponctuel et extrêmement simple : un mot = une action. Par exemple : “À mon “top” vous donnez une friandise”

L’objectif n’est pas de piloter l’intégralité de l’exercice mais d’aider momentanément le client à réussir une étape précise avant de lui rendre rapidement son autonomie.

Mise en situation

Dans cette vidéo, vous remarquerez que j’effectue moi-même certains changements de matériel. Cette approche est volontaire : elle me permet de gagner du temps, d’éviter les erreurs de manipulation et de maintenir l’attention du client sur les éléments réellement importants de l’exercice.

Vous constaterez également que j’indique très précisément où le propriétaire doit tenir sa laisse. J’évite autant que possible les consignes imprécises telles que « raccourcissez la laisse » ou « donnez-lui un peu plus de longueur ». Ces formulations laissent place à l’interprétation et peuvent conduire à des actions très différentes d’une personne à l’autre.

Plus une consigne est précise, plus elle est facile à appliquer. Lorsque c’est possible, préférez décrire une action observable plutôt qu’un résultat à obtenir.

Cette séance se déroule dans le cadre d’un stage, ce qui explique qu’à un moment je me tourne vers les auditeurs pour leur poser une question. Par ailleurs, la seconde humaine du chien est présente en tant qu’observatrice et peut donc également participer à la réflexion.

En cours particulier, j’aurais directement posé cette question au propriétaire. La manière de la formuler aurait toutefois dépendu de sa persona :

  • Cerveau gauche : j’aurais conservé une question ouverte afin de l’amener à analyser la situation et à construire lui-même sa réponse.
  • Cerveau droit : j’aurais proposé un choix entre deux options concrètes, par exemple : « À ton avis, il aurait besoin d’une laisse plus courte ou d’une laisse plus longue ? »

Dans les deux cas, l’objectif reste identique : amener le client à réfléchir et à participer à la résolution du problème plutôt que de lui fournir immédiatement la réponse. Seul le niveau de guidage change.