La laisse est souvent perçue comme un simple outil permettant d’attacher le chien.
Pourtant, elle peut devenir un véritable moyen de communication.
L’une des difficultés que rencontrent les propriétaires est qu’ils parlent énormément à leur chien. Ils répètent les mêmes mots, augmentent progressivement le volume de leur voix, se frustrent… et finissent par brouiller complètement leur message.
À l’inverse, une communication qui passe par les mains est souvent beaucoup plus claire, plus discrète et plus facile à comprendre pour le chien.
Cette notion est au cœur de notre approche et sera réutilisée tout au long de cette formation.
Imaginez une porte. Une porte peut être ouverte ou fermée.
C’est exactement cette logique que nous allons utiliser pour communiquer avec le chien.
Une porte qui se ferme signifie :
Avant un comportement : « Je te pose une question. »
Après un comportement inadapté : « Ce choix ne fonctionne pas. »
Autrement dit, la fermeture de la porte interrompt momentanément l’accès à ce que le chien souhaitait.
Une porte qui s’ouvre signifie :
Avant un comportement : « Je n’attends rien de particulier, continuons. »
Après une bonne réponse : « Oui, c’est exactement ce que j’attendais. »
L’ouverture permet au chien de retrouver l’accès au mouvement, à la ressource ou à l’environnement.
Cette logique de porte ne concerne pas uniquement la marche en laisse.
Nous la retrouverons dans de nombreuses situations.
Nos mains s’ouvrent et se ferment sur la laisse ou sur la longe.
Une main qui se ferme créer momentanément une contrainte.
Une main qui s’ouvre rend immédiatement de la liberté.
Une main peut également couvrir une friandise ou un jouet.
En couvrant la ressource, nous fermons momentanément l’accès.
En découvrant la ressource, nous l’ouvrons de nouveau.
Enfin, les vraies portes fonctionnent exactement de la même manière.
La porte de la maison.
La porte du jardin.
La porte de la voiture.
La porte de la cage.
Toutes transmettent exactement le même message.
Le chien apprend progressivement qu’une porte qui s’ouvre signifie que l’accès est autorisé, tandis qu’une porte qui se ferme signifie qu’il devra proposer un autre comportement.

J’ai longtemps fait partie des éducateurs qui cherchaient uniquement à montrer au chien ce qu’ils souhaitaient. J’oubliais alors qu’un apprentissage ne consiste pas seulement à indiquer au chien quand il a raison, il a aussi besoin de comprendre lorsque le comportement qu’il vient de proposer n’est pas celui que nous attendions.
En analyse du comportement, il existe ce que l’on appelle un No Reward Marker (NRM). Il s’agit d’un signal qui indique au chien que le comportement qu’il vient de proposer ne lui permettra pas d’obtenir ce qu’il recherche. Contrairement à un marqueur de récompense (« Oui ! », « Click ! »), le NRM n’annonce pas une conséquence positive, il informe simplement le chien qu’il devra essayer autre chose.
Le principe des portes qui se ferment remplit exactement cette fonction.
Lorsque la main se ferme sur la laisse, lorsque l’accès à une ressource est momentanément couvert ou lorsqu’une porte reste fermée, nous envoyons un signal clair au chien : « Cette réponse n’est pas celle que je recherche. Essaie autre chose. »
L’intérêt est que ce signal n’est pas verbal. Il est porté par notre gestuelle et par l’environnement, ce qui le rend extrêmement cohérent et facile à généraliser. Au fil des apprentissages, le chien comprend rapidement qu’une “porte qui se ferme” signifie simplement que son choix ne lui permettra pas d’obtenir ce qu’il souhaite.
Cette manière de communiquer présente de nombreux avantages:
Bien entendu, certains propriétaires ressentent le besoin de verbaliser ce moment. C’est notamment le cas des profils plus expressifs ou explorateurs, qui ont besoin de s’exprimer pour communiquer avec leur chien. Dans ce cas, il est tout à fait possible d’associer un mot neutre, comme « Oups ! », au moment où la porte se ferme.
L’intérêt d’un mot comme « Oups ! » est qu’il reste informatif. Il évite le traditionnel « Non ! », qui n’est pas problématique en soi, mais qui est souvent chargé de frustration, d’agacement ou de colère.
C’est probablement l’idée la plus importante de cette leçon = la pression n’est pas une fin en soi.
Elle ne sert qu’à poser une question. C’est son relâchement qui enseigne.
De la même manière qu’une porte fermée ne nous apprend rien tant qu’elle ne s’ouvre pas, une pression maintenue n’apporte aucune information supplémentaire au chien.
Le chien apprend lorsque cette pression disparaît :
Notre objectif n’est donc jamais de maintenir une contrainte, mais de permettre au chien de découvrir comment la faire disparaître par ses propres choix (et c’est ainsi que le chien entre dans “l’opérant”).
Avant même de travailler avec le chien, nous pouvons enseigner cette gestuelle au propriétaire.
Dans le prochain live nous verrons comment lui apprendre à ouvrir et fermer ses mains au bon moment, sans avoir à gérer le comportement du chien simultanément.
Une fois cette mécanique comprise, il devient beaucoup plus simple de la transférer sur le terrain.
Nous pouvons ensuite créer volontairement de petites situations où le chien sera naturellement tenté de tirer pour accéder à quelque chose qui l’intéresse.

Au début, ce travail est souvent réalisé avec un humain relativement statique. Cela lui permet de concentrer toute son attention sur sa gestuelle.
La difficulté apparaît lorsque le binôme se remet en mouvement.
Chez beaucoup de propriétaires, les mains restent constamment fermées sur la laisse, sans qu’ils s’en rendent compte.
Pour les aider à retrouver une gestuelle fluide, nous pouvons utiliser différents exercices, comme le Go Commando.
Ce type de jeu présente plusieurs intérêts :
Pour assurer le bon fonctionnement de ce site, nous devons parfois enregistrer de petits fichiers de données sur l'équipement de nos utilisateurs.
